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 [BG] "Avilet"

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Stefyron

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Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: [BG] "Avilet"   Mer 30 Avr - 16:11

« Et si je vous racontais une histoire, la mienne… »

Il pleuvait à torrent alors que le vieillard dut aller ouvrir sa porte. Le vent soufflait, oh, si fort sur la jeune fille devant lui. Il la fit entrer et elle lui tendit le petit paquet qu’elle avait dans les mains. « Votre petite fille, monsieur, Kalima vient d’accoucher. » Il la regarda sans trop comprendre, sa fille Kalima habitait à des lieues de là et, fâchée, elle ne lui avait même jamais dit être enceinte, aussi cela l’étonnait qu’on lui amène cet enfant. La demoiselle replia les bras, ramenant la petite à son cœur et son expression changea. « Cela fait une semaine monsieur. Kalima est morte à la naissance. Je sais que jamais elle n’aurait voulu vous la confier, mais le conseil de notre village est unanime, vous êtes son seul parent. » Elle fondit en larmes et la serra contre elle, comme s’il s’agissait du seul vestige de Kalima, sa meilleure amir. Comme elle semblait frêle, fragile, en cet instant. « Gardez-la. Je ne suis pas en mesure de m’occuper d’un bébé. » « Impossible, elle doit rester ici… » Elle secoua la tête, les larmes roulant encore sur ses joues. « J’aimerais beaucoup mais… » « Hé bien restez là et occupez-vous d’elle. Même si Kalima me haïssait je sais encore respecter les vœux de mon enfant, et elle ne voudrait pour rien au monde que j’éduque son rejeton. » « Heu… bien, mais vous devez la baptiser vous-même » « Vestige de ma personnalité sans doutes, désolé pour Kalima, mais sa fille n’aura pas de vrai nom. Vous pouvez l’attifer d’un surnom si ça vous plaît mais il ne sera jamais son vrai nom. Et apprenez-lui l’honneur, elle ne devra jamais mentir. » Elle inclina la tête et alla dans la pièce qu’il lui indiqua…

J’entrai dans la maison, de nombreux tissus dans les mains. Mon grand-père me regarda et sourit faiblement. Répétant un geste appris il y a longtemps, je baissai la tête en signe de respect. « Bonjour, Uya. Comment se passe ton début de matinée ? » « Bien, monsieur, j’ai été chercher les tissus que mademoiselle Or m’a demandés. » Il acquiesça en silence et se retourna vers l’ouvrage qu’il peaufinait depuis quelques jours, sur une table trop haute pour que je puisse voir ce qu’il faisait. J’avais cinq ans. Je m’empressai alors silencieusement vers la grande pièce qui nous était réservée, à mademoiselle Or et à moi. J’aimais beaucoup mademoiselle Or, même si elle n’était pas ma mère. Je refermai la porte derrière moi et allai poser les tissus sur la table de couture. « Tu as été rapide, Uya. Merci beaucoup. » « Mais de rien mademoiselle Or… » La jeune femme me regarda avec insistance, elle n’aimait pas que moi, sa protégée, je sois si polie avec elle. Elle se détourna après un instant et commença à taillader les tissus pour en faire des vêtements. « Où elle est, ma mère ? » Or ne se retourna pas, elle continuait son ouvrage en me parlant, peut-être pour parler plus facilement. « Kalima est morte, Uya. » Je m’assis sur mon lit, les jambes collées aux draps, les plantes de pieds lune contre l’autre et baissai la tête. « Qui tu es, Or ? » « Je... J’étais la meilleure amie de ta mère. » « Ha… Et le monsieur, c’est mon grand-père ? » « Tout à fait. » « Pourquoi tu vis chez mon grand-père ? » « C’est compliqué » « J’ai tout mon temps » « Ta maman es ton grand-père étaient fâchés. Quand j’ai dû t’amener ici, il n’a pas voulu t’éduquer, il disait que sa fille voulait sûrement tout sauf ça pour toi. Comme tu devais absolument être dans cette maison avec lui, il m’a dit que je n’avais qu’à rester… » « Pourquoi j’ai pas de nom ? » « Je ne sais pas. Il n’a pas voulu t’en donner, et comme il est la seule famille qu’il te reste, lui seul peut le faire. Ça te manque, Uya ? » Je ne répondis pas. Perdue dans la contemplation de mes pieds, je réfléchissais…

Cela faisait un an que je savais que ma mère était morte. Je grandissais dans le monde avec une sorte de détachement perpétuel. Or m’apprenait la noblesse comme mon grand-père le voulait, mais la maladie qu’Or traînait lui donnait beaucoup de mal à avancer. Le vieillard semblait essayer de la soigner mais je n’en étais pas sûre, puisque Or souffrait en silence, se soignait en cachette, pour ne pas m’effrayer. Sa vie se flétrissait de plus en plus et son mal l’emporta quelques mois après. Le vieil homme l’enterra au fond de son jardin, à la lisière de la forêt. Notre maison était au milieu de nulle part et je me sentis atrocement seule.
Je me tenais debout devant la tombe lorsque je sentis les jambes de mon grand-père collées contre moi, et ses bras me serrer doucement.
« Viens, Uya. Peut-être que tu dois recevoir mon éducation, finalement. Allez viens, qu’Or soit fière de toi. » Il me prit dans ses bras et me ramena à la maison. Nous parlâmes longtemps, chaque question que je posais trouvait une réponse, même celle de savoir pourquoi je n’avais pas de nom.

Le temps passait et je devenais une jeune fille, sous l’enseignement compliqué et sûr de mon grand-père. Il m’apprenait à canaliser mes émotions pour en faire des choses utiles. Mes surnoms changeaient de plus en plus fréquemment, et j’étudiais même l’art du combat. Je souriais, riais, à savoir ce qu’il voulait que je devienne. Je baignais dans cette mentalité depuis toujours, et la perspective que les flèches qu’il m’apprenait à tirer très précisément atteignent un jour des gens ne m’effrayait pas, elle était presque attirante… Il avait testé de nombreuses armes, et décrété que la dague m’allait le mieux, alors même s’il m’apprenait à me servir de tout, il me perfectionnait dans ce domaine. Ca m’intriguait quand il me parlait de mages, lui qui ne s’y entendait guère, il ne pouvait pas bien m’expliquer. A ce moment déjà, j’avais des doutes sur les dons qu’Or avait emportés dans sa tombe….

Mon grand-père était enterré à côté d’Or, maintenant. Comme elle, une maladie avait peu a peu pris sa vie, et quand il avait sentit qu’il partait il m’avait expliqué l’utilité de ses objets les plus précieux. Il m’avait laissé la maison, les armes, tout. Malgré tout ce qu’il m’avait enseigné, tout ce qu’Or m’avait dit, tout ce que je possédais, j’avais la sensation qu’il me manquait quelque chose. J’allai m’asseoir devant la tombe d’Or, j’essayais de me souvenir d’elle, au fond de moi je sentais que la réponse à mes questions, elle la tenait en elle… Elle me semblait si transparent maintenant, un rêve, un souvenir si lointain, comment déjà était son visage, je ne retrouvais plus bien ses traits...
Après un temps, je haussai les épaules et retournai dans ma maison, prenant ce dont j’avais besoin pour notre long voyage, à la mémoire de mon grand père, son héritage et moi. Mon armure légère était si belle, j’emportai aussi ma dague, bien sur, et quelques objets importants, fermai la maison et m’éloignai doucement.

A partir de là, je tuais le plus de gens possible, avec ou sans raisons, semant la perversion partout sur mon chemin, et j’en étais fière. Pourtant, quelque chose m’empêchait de dormir. Un sentiment enfoui en moi, si loin, qui refaisait surface. J’essayais parfois de me souvenir quand Or me tenait dans ses bras, mais je n’y arrivais pas, peut-être ne l’avait-elle jamais fait…

Je courrais dans la ville. Les soldats étaient à mes trousses, je ne craignais pas qu’ils me rattrapent mais une ombre filait au devant d’eux, et je ne savais pas qui elle était. Après de longs moments, j’étais alors en haut d’une colline, ladite ombre se fit voir devant moi. Je me relevai et la regardai, une lame brillait à sa ceinture, elle portait une cape, un diadème qui semblait royal et son visage était masqué par du tissu. Je ne voyais pas sa bouche mais je la sentais sourire, insolente, comme si elle savait quelque chose de plus que moi. Je regardai plus attentivement ce corps de femme, si pur, si peu vêtu, masqué par cette cape qui voletait autour d’elle. Je fronçai les sourcils. Elle partit dans un grand rire qui se coupa lorsqu’elle sentit ma dague effilée posée contre sa gorge. Elle ôta lentement son voile, se détournant légèrement de moi, avant de se poser devant moi, réplique parfaite de mon anatomie, un sourire presque narquois aux lèvres.
« Tu ne ferais pas cela, Avilet… » Je lâchai ma dague, bouche bée, et soudain il y eut comme un déclic dans mon esprit, comme si tout ce temps Or avait gardé en moi ces informations jusqu’à ce jour. Or n’avait jamais été près de moi, ce n’était qu’une réplique de son être, magiquement dédoublé. La femme devant moi avait été élevée dans le même état d’esprit que moi, car si Or n’avait pas voulu que mon grand-père m’instruise de la sorte elle aurait modifié ses envies, et cette femme, si belle, était ma jumelle… « Sevica… » Elle sourit. Dans ma tête, j’entendis que ni elle ni moi n’avions de nom, ce qui nous permettait de tuer et de ne jamais mentir sur notre identité. Elle vint me serrer contre elle, un rire sadique, pervers, s’échappait de sa gorge…
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Stefyron

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MessageSujet: Re: [BG] "Avilet"   Ven 16 Mai - 7:58

Plus le temps passe et plus je vois les différences entre Sevica et moi, nuances infimes qui font de moi un être inférieur à ma sœur. Elle a appris à vivre avec l’amour d’Or, un amour étrange certes mais tout de même. Pas d’hommes à sa portée, sauf ceux qu’elle tuait déjà. Elle n’a jamais été considérée comme stupide, inutile. Moi, si.
J’ai rencontré un orc l’autre jour. Loktar. Il n’avait pas l’air enchanté que je regarde la ville qu’il surveille, il a tout fait pour me rendre la vie désagréable, et il ne le cachait pas. Saleté. Est venu un temps où il m’a considérée si insignifiante, si impuissante que je me suis sentie souillée. Salie, oui. Oserais-je jamais l’avouer à Sevica, elle qui n’a peur de rien. Cet orc s’est inscrit au plus profond de mon âme. Je le hais. Il persiste à m’appeler « humaine ». Quel enfantillage.
Je vais leur montrer.
Ils verront qu’au fond, je suis douée. Grand-père, tu sauras toi aussi. Tu verras ce que je vais devenir, sois-en fier.

J’ai couru jusqu’à la guilde des guerriers. Une fois à l’entrée, je me suis ravisée. Ce n’était pas ce qu’il me fallait. Je veux un véritable entraînement. Je veux quelqu’un qui a été élevé par mon grand-père. Quelqu’un qui puisse m’apprendre les mouvements qu’il m’aurait montré s’il avait eu le temps.
Hendyar.
Je suçotais le bout de mon pouce. Je devais le trouver. Je nettoyais machinalement ma lame contre ma jupe, elle était encore maculée de sang. Probablement qu’une partie était à moi d’ailleurs. J’essayais de me rappeler de tout ce que mon grand-père m’avait appris de ses hommes. Ne fut-ce que pour avoir une idée d’où les trouver…
La forteresse.

Retour en Dion. Je commençai à marcher vers le nord. J’arrivai en face des « murailles » de la forteresse de la Résistance. Déjà je sentais un arc pointé sur moi, là bas, et un homme vint me parler. Quand ils ont su qui j’étais, ils m’ont amenée près de celui que je cherchais. Ce n’était pas le chef, ça je le savais. Mais il était maître assassin, et son honneur était probablement le plus grand. Bien sûr, il n’avait pas de vrai nom.
Il était assis, nonchalant, dans un fauteuil en bois recouvert de coussins et d’une couverture élimée. La pièce était petite, enfouie presque sous les murailles, éclairée par des bougies. Cela me fit l’effet d’une tanière. Il avait un verre de métal à la main. Du vin, sans doutes. Il avait l’air vaguement agacé quand je suis entrée, puis indifférent. Comme si j’avais déjà disparu. Il m’a questionnée, je répondais avec la prudence acquise, comme pour lui montrer que j’étais capable de ne pas mentir tout en gardant ma sécurité. Mais je n’oublierai pas la lueur d’intérêt qui a traversé son regard quand il a appris que j’étais la petite fille de celui auquel ils attachent tant d’importance. Il me dit qu’en effet je ressemble à Sevica. Elle est donc déjà passée. Il accepte de m’aider à manier la dague de mieux en mieux.
Il m’a envoyée tuer quelqu’un. Je devais lui soutirer des renseignements puis mettre fin à sa vie. Bien sûr, le tout sans mentir.

J’avoue que je ne m’en suis pas si mal sortie. J’ai parlé deux heures avec cet homme pour savoir ce qu’Hendyar m’avait demandé. Pas un mensonge n’a franchi mes lèvres. Pas un. Je suis fière. Il me propose d’aller me promener. Parfait, je le suis.
Nous sommes loin du village maintenant. Je dégaine la dague qu’Hendyar m’a confiée, gardant la mienne avec lui. Je saute sur lui. Un mouvement et il est au sol, mon genou contre sa poitrine, mon autre pied au sol me stabilise. J’enfonce la lame bleutée dans sa gorge.
Rien. Le moment de surprise passée il éclate de rire. Il me donne une claque sur la fesse, qui fait du bruit malgré la jupe. C’est un ami d’Hendyar. Sinon comment auraient-ils pu vérifier que je ne mens jamais. Il est ravi, parce que j’ai réussi à savoir ce que je voulais, et que si ç’avait été une vraie lame il serait mort. Je me relève, il passe son bras autour de mes hanches et m’entraîne vers la Forteresse.
J’ai gagné.
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