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 [BG] Erneril

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Erneril

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MessageSujet: [BG] Erneril   Ven 1 Fév - 18:36

Erneril était sur un promontoire. Il lisait. Il adorait lire, cela lui permettait de s’échapper, de s’échapper de ce monde, partir autre part, loin, très loin. La réalité était bien trop éprouvante pour des êtres plutôt faibles comme lui. Et protéger la forêt des Drows n’était pas la tâche la plus facile. C’était un livre de légende et de mythologie. Il adorait rêvasser sur ces choses. La naissance du monde, des dieux et toutes les races. Ah, la brise légère le revigorait. C’était l’automne, le temps fraichissait sans pourtant geler. C’était la période préférée d’Erneril. Il était au passage où les elfes s’entre-déchiraient en guerre. Il sa demandait pourquoi cette guerre interminable devait continuer. Il était las malgré son jeune âge. Il allait fêter son 137ème printemps. Jeune et plein de bonnes intentions. Le soleil se couchait. Il apercevait déjà la lune. Encore un jour de passer loin de chez lui. Une main se déposa sur son épaule. Elle était épaisse, lourde, celle d’un Drow d’expérience. Sa voix grave lui parvint aux oreilles.

« Erneril, vient, le campement est dressé. Tu vas pouvoir lire au chaud. Je ne veux qu’aucun de mes hommes ne se refroidissent. Nos éclaireurs ont repairé des elfes à une journée de marche. Il nous faudra tous nos effectifs pour les arrêter. Personne ne doit manquer à l’appel ».

Erneril soupira. Demain il allait tuer. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas. Il se damnerait s’il était poussé à faire ça. Il aimait son peuple, mais jusqu’à quel point. Prendre une vie était un acte répugnant. Il se leva et suivit le chef du régiment, Ascapalos. C’était un Drow musculeux, au visage taillé à la serpe. Adepte du combat au corps à corps depuis de nombreuses années, il était un chef proche de ses troupes, jaugeant la perte de chaque homme à a sa juste valeur afin d’en perdre un minimum.

Au campement, il fut accueilli pars son détachement. Un groupe sympathique de novice en magie comme lui. Sauf qu’eux, ils ont été éduqué dans la haine des elfes, pas comme lui. Ils se réjouissaient de pouvoir faire leur preuve le lendemain. Ils fantasmaient déjà sur un butin qui serait certainement nul. Dans son groupe, on l’acceptait, mais on ne le comprenait pas ; Erneril s’attardait trop pour eux sur les choses des esprits. Il s’assit près du feu et recommença sa lecture.

Quand vint l’heure du dîner, le jeune Drow se leva et suivi les autres. Ils allèrent chercher des choses à cuire. Il dîna ainsi un peu de viande, quelques légumes et de l’eau. Durant le repas, les chefs du régiment allaient faire un briefing du lendemain dans chaque groupe. Ainsi était la règle quand on était avec Ascapalos. Un jeune officier arrive près de leur feu. Il commença à parler :

« Demain, plus ou moins vers midi, nous intercepterons un régiment d’elfes, comme vous le savez déjà. A ce qu’il semble, ils ne sont pas beaucoup plus nombreux que nous. Chacun jouera son rôle dans cette bataille. Et vous serez un groupe décisif. Malgré votre jeune âge et votre manque d’expérience, des troupes magiques bien utilisées peuvent être dévastatrices. Vous serez cantonnez à l’est du gros des troupes. Votre but sera d’éliminer les archers. Vous avez compris ? »

Un « oui » puissant sortit de la bouche de chaque Drow sauf lui.

« Parfait, mais n’oubliez pas, à la guerre il n’y a qu’une règle : tuer ou être tuer ! »

Sur ce, l’officier partit et tout le monde se mit au lit pour être en forme le lendemain. Sauf lui. Il sortit prendre l’air. Pour être exact, il revint sur le promontoire où il se trouvait quelques heures auparavant. Il ouvrit son livre et lu au clair de lune. Comme il était bien là, bercé par la douce mélopée des oiseaux nocturnes. Là, un hibou, à moins que ce ne soit une chouette. Il finit par s’endormir.

Il se réveilla en sursaut. Un grincement de métal lui était parvenu aux oreilles. Il devait s’être assoupi longtemps vu le changement de la lune. Mais pas une nuit complète. Il s’étira et eut un mauvais pressentiment. Pourquoi se réveillait-il alors qu’il était si bien là où il était ? Il courut vers le campement. Là, Erneril fut estomaqué pas ce qu’il vit. Dès 100 hommes du bataillon, il n’en restait plus qu’un debout. Et il avait un adversaire. Un elfe. Le Drow encore debout n’était autre qu’Acapalos. Le duel était engagé. Les fers se croisaient. La lame de son chef était maculée de sang, il avait déjà certainement tué un ou plusieurs elfes avec.

Les lames s’entrechoquaient.

Un rapide coup d’œil lui annonça que l’attaque n’avait été remarquée qu’après que la plus grande partie des soldats soit morte. Mais combien avait-il fallu d’homme pour faire ce massacre ? Une dizaine, pas plus. Il fallait un groupe peu nombreux, mobile et surtout très discret. Et seul restait deux hommes.

Le duel battait son plein. Bottes, feintes, parades et autres miracles de la science des armes se déchainaient là. Mais Ascapalos semblait déjà épuisé par son dernier combat. Certainement à bout, il tenta le tout pour le tout. Il tenta un magnifique revers, qui aurait du atteindre sa cible à la gorge si un moment de faiblesse ne l’avait pas pris. L’épée manqua de peu sa cible. L’elfe adverse ne se le fit pas dire deux fois et frappa en plein milieu du ventre de son chef. Erneril ne put retenir un cri qui ressemblait à un nom. L’adversaire se tourna vers lui aaprès avoir décapité Ascapalos. Il eut un rictus et prit son épée à deux mains. Il s’élança vers Le survivant.

Erneril, quant à lui, n’était plus qu’un tourbillon de haine et de colère. Toute la chape de bonnes résolutions sauta comme si elle n’existait pas. Il se remémora le raid des elfes. Il était caché dans une armoire. Son père décapité, sa mère livrée aux outrages de ces êtres soit disant supérieur aux hommes et civilisés. Ils n’étaient que des sous-races, comme les hommes.

Et maintenant le massacre de sa nouvelle famille, qu’il s’était constitué tant bien que mal. Il ne le supportait pas. Et comme la colère décuple les forces des êtres vivants, sa haine l’avait peut-être centuplé. L’homme fut projeté sur un arbre, toute sa colonne vertébrale brisée. Mais il n’était pas aussi pitoyable que ses adversaires et le laissa souffrir longtemps en jouant avec ses restes. Il n’était plus qu’un être de haine et de soif de vengeance et de sang. Il avait tout perdu. Il était seul au monde.

Les elfes venaient de se faire un ennemi terrible,

un ennemi prêt à tout…

un ennemi n’ayant rien à perdre.
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Erneril

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MessageSujet: Re: [BG] Erneril   Ven 11 Avr - 22:37

Erneril errait sans but, tous les monstres passant à proximité de lui se faisant écharper par son pouvoir… Il s’améliorait peu à peu, mais restait encore bien faible comparer aux autres. Il s’enfonçait dans la forêt avoisinante à un village, Dion, et se rapprochait d’un endroit d’exécution, où des âmes en peine recevaient leur tourment… Il était sûr de pouvoir les vaincre, bien qu’il ne sache pourquoi. Et quelque chose l’attirait vers cet endroit, une sauvage tentation. Il allait se passer quelque chose près de cet endroit, le sorcier en était sûr. Il huma l’air. Il était chargé d’effluve de corps organique en putréfaction ; une odeur qui annonçait souvent l’approche d’un marais, ou d’un exécutoire peu nettoyé ces derniers temps. Il se rapprochait de son but. Il dégaina sa dague et en vérifia le tranchant. La fine entaille sur sa main se gorgea bientôt de son sang. Il jura, il avait appliqué la lame trop profondément. Ce n’était pas qu’il saigne qui le dérangeât, mais le fait que le sang attirait nombres de bêtes peu recommandables. Il approcha rapidement sa main de sa bouche et entama de sucer tout le sang qui en dégoulinait. Il était renfrogné de devoir faire ça, non pas parce que boire son sang le dérangeait, ça avait même plutôt bon goût, mais le léger bruit qu’il provoquait l’empêchait d’entendre tous les murmures que la nuit pouvait lui dire. Son regard tourna autour de la petite clairière où il se trouvait. Aucun bruit perceptible à par l’espèce de lapement qu’il produisait. La lune formait un fin croissant ; elle venait de renaître dans le ciel. Sa tête était éclairée de milliers de petites étoiles, toutes formées par la lumière de l’astre nocturne à travers le feuillage d’un arbre. C’est alors qu’il inspira profondément. La puanteur qui exhalait de cet endroit était abominable, et elle n’allait pas en s’arrangeant. Ce n’était pas normal que l’odeur de pourriture se fasse plus forte à son odorat de cette manière. Il n’avait pas bougé.

Il fit volte-face et envoya un immense coup de pied dans la créature qui se tenait toutes griffes derrière lui. Apparemment, elle ne s’attendait pas à ce qu’Erneril se retournât brusquement. C’était une goule. Cette bête était répugnante, ses yeux globuleux étaient presque vide, seul un pâle point jaune sale existait au centre de ses immondes globes. La bête sembla avoir un sourire malicieux et dévoila des crocs entre lesquels pendaient encore lamentablement les restes de son derniers repas, en putréfaction. Certainement une charogne trouvée au hasard, dans la forêt. La bête reprit ses esprits et contre-attaqua. La sotte, elle ne savait pas qu’elle n’était pas de taille. Il invoqua l’infime partie de la puissance des vents qui lui était disponible. Il tendit sa main et un disque cerclé de pointes se forma dans sa paume. Il l’envoya sur la bête qui se déforma de manière exagérée à l’impact. Erneril invoqua ensuite, avec le peu de connaissance qu’il avait en la matière, une boule d’ombre. Mais l’invocation de celle-ci était plus longue. La goule eut le temps de se ressaisir et repartit à l’assaut. Elle eut le temps de lui mordre son bras. Deux crocs plus longs que les autres traversèrent l’épaisse robe qu’il portait. Une vive palpitation failli lui faire perdre le fil de l’invocation de son sort, mais il tint bon. Les ténèbres traversèrent la bête de part en part avant de s’écraser sur un tronc d’arbre. La bête enleva ses crocs du bras de Marcar violemment, et elle eut une sorte de jappement pitoyable. Le monstre eut le temps de regardé ce qui avait du être son ventre. Quelques instants après, elle s’écroula. Erneril cracha sur le sol. Pff, il n’était pas venu pour tuer des goules, il cherchait d’autres proies, plus… intéressantes. Il sortit une potion d’une de ses nombreuses poches et en appliqua quelques gouttes sur la blessure. Ce serait dommage qu’elle s’infecte, n’est-ce pas ? Cela fait, il continua à avancer dans le bois et finit par en sortir.

La lune était vraiment magnifique, un fin croissant, toute la beauté de la nature se condensait dans ce ciel constellé, seule l’ignoble exhalation d’air saturé de la puanteur des corps en putréfaction empêchait à ce moment d’être parfait, un instant de bonheur. Il se trouvait devant une colline recouverte d’une herbe rase, celle-ci était d’un bleu d’acier à la lumière lunaire. Le monticule était surmonté d’un arbre. Et vu la forme de ce dernier, petit, le tronc très large et les branches du dessous presque horizontale, ça devait être un arbre à pendaison. L’endroit où il devait aller était un exécutoire, Erneril se dit que de ce promontoire, il pourrait le voir… Mais un détail lui semblait bizarre, comme quelque chose qui manque, ou plutôt, dans ce cas-ci, qu’il y a de trop. C’était surtout cet arbre qui l’intriguait. A par lui, il n’y avait rien sur cette colline à par une petite broussaille… Perplexe et prudent, il rapprocha la main de sa bouche et commença à doucement mordre son index, tic qui ne l’avait jamais quitté malgré les remontrances incessantes. Il l’aidait à se concentrer… Et il fixait toujours cet arbre… Enfin, il remarque ce qui clochait, ce feuilli complètement dénudé bougeait, imperceptiblement, mais tout de même. Et il semblait se rapprochait à une allure de tortue de la broussaille. Mais pourquoi ? Une idée lui effleura alors l’esprit : et si quelqu’un c’était caché là pour passer la nuit à l’abri ? Oui, c’était plausible, il n’y avait rien de menaçant à cet endroit le soir venu, seul un vieil arbre. Mais la personne à l’intérieur devait être inconsciente pour se reposer près d’un être aussi dangereux. Mais en tous les cas, il allait affronter cet arbre à pendaison, alors, autant sauver quelqu’un s’il le pouvait. Il retira son doigt de sa bouche et fonça vers la colline. L’arbre ne l’avait pas encore remarqué, parfait…

Il prépara son premier sort, la boule d’ombre de tout à l’heure. La sphère fusa vers le végétal… Dès qu’il la reçu en plein tronc, il se retourna et Erneril put clairement distinguer l’écorce qui se soulevait pour laisser apercevoir de grand yeux illuminés par une étincelle malveillante et se découper une énorme bouche cisaillée, ouvrant sur un gouffre noir. La plante sortit ces racines du sol et avança à grands pas vers lui. Il concentra l’énergie du vent et s’en servi pour ralentir les mouvements du monstre. Ensuite, il condensa à son maximum l’air autour de lui pour en faire une boule homogène qui fonça vers son adversaire. Elle emporta sur son passage quelques branches, mais l’arbre ne sembla pas s’en soucier outre mesure… Alors arriva le contact. Une lourde branche s’écrasa sur lui, il eut juste le temps de l’éviter et d’entamer la confection de son prochain sort. Il allait montrer à ce végétal ce qu’était le feu ! Le pouvoir se concentrait, mais pas assez vite. Erneril esquivait tant bien que mal les coups, mais arriva tout de même sur lui des frappes qui faillirent lui faire lâcher le fil de son incantation. Au moment où se déchaina la flamme invoquée, l’arbre l’atteint au visage, le marquant d’une énorme balafre. Dans l’enfer de flamme qui le consumait maintenant, l’arbre hurla. Une espèce de ricanement lugubre. Alors, Erneril perdit connaissance.

*


Il revenait à ses esprits, il était dans une grotte qu’il avait remarquée en arrivant. Quelqu’un avait dû le tirer là. Et il avait déjà son idée sur ce quelqu’un… C’était la personne qu’il avait sauvée. Mais bon sang, que lui était-il arrivé ? Il se releva d’un bond. Le soleil semblait déjà haut dans le ciel vu la luminosité agressive qui lui attaquait les yeux. Erneril remarqua alors une petite forme qui le regardait. Les puits noirs de son regard rencontrèrent une paire d’yeux d’un bleu d’une pureté sans pareille. Rien qu’en croisant ce regard, il sut qu’il avait affaire à un elfe, car nul humain, nul orc, nulle autre race ne pouvait avoir de tel yeux… C’était un jeune garçon, qui ne devait pas avoir plus de cinquante ans. Habillé d’une simple tunique blanche, il semblait bien plus majestueux que n’importe quel prince. Des années de colère refoulée envers les elfes remontèrent en lui. Il s’apprêta à sortir sa dague et à couper net la gorge de l’enfant… Alors, ce dernier eut une réaction auquel il ne s’attendait pas.

-Pourquoi m’as-tu sauvé la nuit dernière ? dit-il, calmement, d’une voix pure comme un diamant. Je sais la haine que ton peuple nous voue, nous, vos cousins, frères de sang. Je n’ignore pas que dès que j’aurai fini cette phrase, le poignard pendu à ta ceinture sera dégainé et appliqué avec soin sur ma gorge. Mais pourquoi m’avoir sauvé la nuit dernière ?

-Je t’ai sauvé par procuration… répondit Erneril, de glace et impressionné par la vision claire des choses de l’enfant. Je ne pensais pas que tu serais un elfe, et je ne veux pas le malheur d’autres que ceux de ta race. Mais tu m’intrigues, raconte moi ton histoire, ta vie. Que fais-tu donc ici ? La forêt des elfes est pourtant loin d’ici. Et comment cela se fait-il que j’aie perdu connaissance ? Pour te tuer, j’aviserai plus tard…

-Je ne te raconterai mon histoire qu’à une condition : que tu me racontes la tienne, j’adore les histoires, même si le tienne sera triste, comme ton regard l’indique. Et tu t’es évanoui car une des branches de l’arbre, pendant qu’il flambait, t’es tombée dessus…

-D’accord, répondit Marcar dans un souffle, et sautant directement sur la réponse de la proposition du gamin : et comme je suis en position de force, je suppose que c’est moi qui dois commencer, c’est ça ?
-Exact, répondit l’elfe, tu es aussi malin que tu en as l’air, à ce que je vois… Mais raconte, je ne te retiens pas…

Erneril soupira… Ce gamin l’avait eu, il devrait tout raconter avant d’avoir la moindre bribe de son histoire…

-Mon histoire commence il y a plus d’un siècle, chez les elfes noirs, où je suis né…
Et il raconta… raconta… et raconta… Son enfance heureuse jusqu’à ses vingt ans, le raid des elfes, la mort de son père et le déshonneur de sa mère, la solitude, la mort, et enfin, l’espoir… Il avait réussi à se reconstruire une famille avec le corps armé d’Ascapalos… Le raid meurtrier, la destruction de sa nouvelle famille et la rage de sang qui avait accompagné cette perte. Ensuite, ces mois d’errance à travers le monde, cherchant les meilleurs professeurs pour qu’ils lui enseignent le pouvoir de tuer sans réfléchir les elfes... Ses pérégrinations, le village des elfes noirs, Gludio, Giran, Dion,… Et enfin, l’étrange sentiment qu’il se passerait un événement inhabituel près de l’exécutoire…

-Ton histoire ressemble à la mienne, répondit le petit elfe, le visage triste. Je m’appelle Alnadril. Je suis né, et j’ai vécu, tout comme toi, heureux jusqu’à mes quarante ans. Puis un raid de ceux de ton peuple, la torture de mes parents, et la solitude… Sauf que moi, je devais échapper à mes poursuivants. Il mont pourchassé pendant quatre nuits et quatre jours, infatigables. Ils devaient désobéir aux ordres et s’être lancé à ma poursuite de leur propre chef, car je ne représente pas une cible de choix pour eux. Et ensuite, perdu, j’ai dérivé jusqu’ici, survivant comme je pouvais avec mes maigres moyens… Vois-tu, nous ne sommes pas si différents, nous deux. Si tu veux me tuer, fais le, j’en serai heureux car je rejoindrai alors tous ceux que j’aime. Ici, dans ce monde, plus rien de bon ne m’attend… Tue-moi, si tu l’oses !

Erneril resta bouche close. L’enfant l’avait stupéfait par sa vision des choses, parfaitement claire et objective. Un tel être, qui deviendrait plus tard un ennemi de poids, devait mourir. Il en avait assez entendu, il allait passer à l’acte. Il dégaina lentement son couteau. Il regardait le petit elfe qui le fixait sans défaillir. Alnadril se résignait à la mort… Il leva le couteau, qui retomba aussitôt avec violence… Ploc, ploc, ploc… Le chaud liquide vital coulait sur le sol. C’était ce qui devait être fait, c’était le mieux pour eux deux… Erneril se mit à genoux et pleura comme il n’avait pu le faire depuis le massacre de sa famille. Ses mains couvrirent son visage et le sang qu’il y avait dessus dégoulina sur lui. Il resta ainsi pendant de nombreuses heures. Après, il sortit et alla chasser car il n’aurait pu rentrer en ville le même jour. Il allait devoir passer la nuit là.
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MessageSujet: Re: [BG] Erneril   Ven 11 Avr - 22:38

Quand il se réveilla le lendemain, une agréable odeur lui parvint au nez. Il sourit. Il avait bien fait. La haine ne devait pas le poussé à des actes inhumain comme tuer un de ces semblables, un autre être de souffrance créé par cette sordide guerre fratricide. La paix, voilà la solution. Mais pour l’offrir, il devait être fort, et ils devaient être nombreux. Ils étaient deux, un représentant de chacun des deux camps, c’était déjà un bon début… Un nouvel idéal était né en lui, dur comme l’acier. Mais il devrait quand même savoir se battre pour vaincre ceux qui s’opposeraient à la réunification pacifique des deux camps… Mais tant de haines, accumulées au fil des siècles, ne pouvaient disparaître en une vie, même d’elfe. Et il réfléchit encore là-dessus pendant une heure, les yeux fermés, bercés par les doux bruits que provoquait Alnadril par mégarde. Mais, il commençait à se rappeler dans sa réflexion que chez les siens, la haine était trop bien ancrée, ce n’était même plus une colère chez certains, c’était rien qu’un jeu puéril où on pouvait tuer des gens, et avec des honneurs de plus… Et sa pensée continua ainsi, agile et objective. Sautant d’une idée à l’autre tel un guépard ; fondant sur les idées-proies qui lui semblaient bonnes ; écrasant le désespoir qui naissait à nouveau en lui avec la force d’un lion… Et pourtant, il ne trouva rien de possible. La paix ne pourrait exister entre les cousins elfes. Devaient-ils donc être éternellement ennemis ? Erneril ne pouvait le croire, il devait y avoir une solution, car à chaque problème il y avait une solution… Et pourquoi la réponse à cette question-ci ne serait-elle pas « impossible » ? Finalement, il se résigna… La guerre fratricide était inexorable, comme si un Dieu l’avait voulue lui-même… Car ce combat qui serait éternel ne pouvait être arrêté : trop de gens y étaient partisans, d’autres vivaient de cette hécatombe, toujours plus nombreuse. Il soupira. Son idéal avait été lacéré par sa raison, et le désespoir le submergeait à nouveau. Le drow se leva et souhaita un grand bonjour à Alnadril qui lui répondit gentiment et demanda même comment allait sa main. Effectivement, hier, la lame n’était pas allée dans la gorge de l’elfe, ce n’était pas son sang qui avait coulé… c’était le sien ! Il avait effectivement laissé retomber la lame et s’était ouvert la main. L’enfant lui servit à manger. Tout en déjeunant, il parla avec le gamin.

-Il n’y a pas d’espoir pour que mon peuple cesse d’attaquer le tien, commença-t-il, les drows ont trop longtemps haï leurs cousins pour pouvoir lutter. Et la lutte que nous mènerions, en plus d’être vaine, ferait plus de victime que les escarmouches dans lesquels tombent parfois nos troupes. Et puis, après, de nombreuses familles gagnant leur vie grâce à ce combat perdraient tout… Mais même si nous luttions, il n’y a plus d’espoir. Si nous nous battons, nous perdrons inéluctablement : nous ne sommes que deux, fit-il, terminant sur un très long soupir.

-Du côté des miens, je ne pense pas non plus qu’il y ait de grandes chances… dit Alnadril, et rien que le fait que les drows ne voudront pas entendre parler de la paix rend notre idéal impossible. Mais je ne veux pas me résigner, c’est la solution des faibles…
Sur cette parole, la main d’Erneril fusa sur la tendre joue de l’elfe.

-Ne dit jamais que se rendre à l’évidence est un signe de faiblesse, le gourmanda Erneril, voir que quelque chose est impossible est un signe d’intelligence, car si nous mourrons pour l’impossible, à quoi notre vie aurait servi ? A rien… Et poursuivre dans ce cas, c’est la solution des simples d’esprits ou des idéalistes idiots… Il y a une grande différence entre risquer sa vie et se jeter sur le fil de la faux de la mort !

-Mais, Erneril… commença-t-il.

-Nous allons nous séparer, chacun ira de son côté, demain, quand je t’aurai ramené à Dion, trancha Erneril, toi, tu partiras trouver les plus prestigieux escrimeurs de ta race pour devenir un grand chevalier, et moi, je partirai trouver les puissants sorciers pour en devenir un… C’est la meilleure chose à faire, toutes les autres solutions perdraient l’un de nous. Es-tu d’accord ?

-Je le suis, soupira Alnadril.

*



Erneril était sur la route qui le menait vers Giran, où il franchirait peut-être une nouvelle étape de sa lente progression. Il marchait lentement, seul, brisé par la vérité qu’il avait du avouer au petit Alnadril… Et il repensa à ce petit bonhomme, jeune et pourtant clairvoyant comme lui…

Il se rappela de ses dernières paroles : « Erneril, bien que nous ne nous connaissons que depuis hier, je tiens désormais à toi, et je veux que tu vives… Au revoir ». Et sa réponse, l’avait déchiré ; son cœur était en lambeau. « Au revoir, Alnadril, et quand tu seras un des puissants de mes cousins, nous nous reverrons sans doute… ». Sur ce, il était parti sans d’autre mot. Au coin de la rue, quand il se retourna, Alnadril avait franchi le portail qui le ramènerait chez lui…

Et Erneril qui avançait toujours sur les sentiers, toujours les mêmes, vallonnés de temps à autre, et quand il s’arrêta pour regarder le soleil se coucher, il se rendit compte qu’il pleurait de petites gouttes chaudes et salées, plus communément appelées « larmes »…
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MessageSujet: Re: [BG] Erneril   Mar 6 Mai - 19:51

Erneril serra sa rapière fermement et repartit à l’assaut. Le sorcier ne voyait pas l’utilité de faire ce qu’il faisait à cet instant. Mais il devait faire confiance… Son adversaire para habilement et répondit par un estoc sec. La lame lui frôla les côtes, mais ne l’entailla heureusement pas. Maintenant, son épée croisée avec celle de son ennemi, leur visage se touchait presque, il pouvait sentir son souffle chaud. D’un coup brutal donné au même moment des deux côtés, ils furent séparés de plusieurs mètres. L’antagoniste eut un sourire ironique et leva sa main gantée de cuir. Il me fit signe d’approcher avec son doigt. Comment pouvait-on être aussi arrogant ? Comment pouvait-on tant dédaigner quelqu’un ? La colère enfermée en lui surgit. Il allait vaincre son adversaire. Erneril courut vers lui en tenant son épée parallèle à lui. Commençant l’arc de cercle qui mettrait un terme au sourire moqueur de l’homme, ce mâle arrogant retendit sa main. L’air se condensa et fonça vers lui, monstrueux monstre d’air. Il fut expulsé et se cogna contre un rocher. Son épée vola en l’air, décrivit deux tours complets et se ficha dans le sol. Rampant pour la ramasser, lorsqu’il toucha le pommeau du bout des doigts, commençant à se relever, uns vive douleur le surprit, un liquide rouge s’écoula de la fente qui venait d’être ouverte par une lame aiguisée, maculant rapidement son visage. Réprimant la souffrance, il se saisit de son arme et repartit à l’assaut. Dans le mouvement qui fit arracher la légère lame à la pesanteur, celle-ci racla le sol rocailleux dans une gerbe d’étincelle. Le cuir de la tunique de son opposant fut entaillé. Mais le sorcier ne réussit à le percer et faire couler le sang. Après encore un temps qui lui sembla infini, les touches se faisant plus difficiles et faibles, le combattant leva deux doigts et cria : « Suffit ». Erneril rengaina mon arme neuve et s’approcha de celui qui était son maître.
-Nous avions convenu que nous ne pouvions utiliser la magie lors des entraînements aux armes, fulmina l’apprenti, pourquoi avez-vous outrepassé votre règle ?
-Penses-tu qu’un vrai adversaire, dans un vrai combat, aurait tant de considération pour les règles ? répondit le drow, en âge d’être son père. Dans un duel, ou tout autre forme de combat, il n’existe qu’une seule règle : « Tuer ou être tuer »… Tu la connaissais tout de même, j’espère. Ou alors dois-je tout t’apprendre, jusqu’à manger et torcher ton cul ?
-Oui, mais…
-Il n’y a pas de « mais » qui tienne, le coupa avec toute l’arrogance de ce bas monde son maître. Et ne me demande pas une énième fois à quoi serve ces entraînements, continua-t-il, devançant ma question, tu le sais très bien : Etre un freluquet souffreteux avec un appétit de moineau, ça ne deviendra jamais un bon sorcier, magicien ou autre invocateur de sorts… On ne te demande pas de ressembler à un de ces crétins de guerriers, larges comme trois bœufs et avec un demi-cerveau, on te demande juste d’avoir une santé de fer et de péter la forme.
Il tapa du doigt sur ma cage thoracique, claquant de la langue d’un air désapprobateur.
-Si tu ne te muscles pas un minimum, les sorts te mangeront tout cru, tu ne pourras pas les invoquer, et si par miracle tu le réussis, tu mourras, ne sachant les contrôler ! Et je ne connais pas de moyen à la fois plus musclant et pratique qu’un bon entraînement aux armes… Comprends-tu, maintenant pourquoi je ne t’ai encore rien appris d’intéressant en ce qui concerne la magie ?
-Je comprends, enfin, je crois… répondit Erneril, tout d’un coup moins sûr de lui.
-A la bonne heure, soupira l’instructeur. Tu sais, Erneril, je ne t’enseigne pas parce que je t’apprécie, mais juste par honneur envers mon peuple, qui a besoin d’être comme nous… A vrai dire, je pourrais même dire que je te déteste, toi et tes questions existentielles qui ne valez rien !
Un grand silence suivit cette déclaration. Akatar, son maître, humait l’air bruyamment, comme s’il cherchait à sentir quelque chose. Le soleil était à son zénith, l’heure qu’Erneril aimait le moins. Il était tout transpirant de son exercice physique. Le sang avait complètement séché sous ce soleil de plomb. Il ferma les yeux, plissant ses traits exagérément. Le bruit qui s’ensuivit sonna joyeusement à ses oreilles : la croute se craquela et tomba par plaques sur le sol. Le vent ne soufflait pas, rendant l’atmosphère épouvantable, une véritable fournaise. Il mit son pied sur un rocher avoisinant pour commencer les élongations que son mentor l’obligeait à faire après chaque effort physique… Quelle perte de temps, trouvait-il, même si Akatar lui avait déjà expliqué que c’était pour son bien. Il soupira. Voilà une semaine qu’il était là et qu’on ne lui avait encore rien appris sur les choses magiques. Le maître se racla la gorge et cracha au sol.
-Erneril, cria-t-il, on rentre ! J’en ai assez de tous ces exercices physiques pour aujourd’hui.
Sans attendre sa réponse, Akatar s’élança sur la route au pas de course. Par Shilen, qu’il haïssait courir… Et pourtant, il devait faire confiance. Il détestait d’ailleurs aussi ce mot, « confiance ». Personne n’avait en fait jamais obtenue la sienne. La haine qui le consumait et qu’il retenait si bien habituellement remonta subitement. Ses yeux se refermèrent et quand ils se rouvrirent, ils n’étaient plus les mêmes. Pourtant, ils n’avaient ni changé de couleur, ni de formes, ils étaient rigoureusement identiques, mais une lueur malveillante y était née… Remplis d’énergie, il se lança dans la chasse… Il n’était plus fatigué, il n’était plus vidé : une nouvelle puissance envahissait son corps, son adrénaline montait… Pour Erneril, il n’existait maintenant plus que sa cible. Aucune émotion ne l’atteignait plus, le drow n’était plus que jubilation folle de la future jouissance d’enlever la vie ! Courant comme jamais, ne perdant quand même pas son souffle pour cette raison, il recommençait à apercevoir son maître devant lui. Il lui mangeait du terrain. Il l’avait presque rattrapé. Il n’était plus qu’à cinq mètres quand l’instructeur se retourna et vit que son élève le rattrapait. Un sourire fugace apparut sur sa sale face et déforma ses traits si dures que rien que le fait qu’il sache utiliser cette mine était une insulte à l’humanité. Erneril l’avait rattrapé, dégainant son épée et le taillada au côté. Un deuxième coup aurait atteint Akatar si celui-ci n’avait fait volte-face et paré avec son épée. Sa figure était maintenant perplexe ; que devait-il faire, devait-il se demander. L’apprenti ricana dans un rictus terrible. Lees deux adversaires se jaugeaient, à la même manière que s’ils ne se connaissaient pas, pénétrant le regard de l’autre, cherchant une faille dans la mentalité de l’autre… Ce fut lui qui feinta le premier. Durant cette attaque il tirait la langue, un geste de défi qui signifiait qu’il n’avait plus peur, que ce ne serait plus lui qui se ferait insulté… Le vieux semblait étonné de la technique qu’Erneril possédait en ce moment. Ses frappes étaient froides, méthodiques, ne laissant passer aucunes attaques, aussi feinte qu’elle soit. Le précepteur l’avait lui-même dit : « Je ne me bats pas comme un guerrier de profession, mais je me débrouille »… Erneril, déchaîné, bouillonnant, le bombardait, chacun de ses coups frôlant son ennemi, la prochaine victime à venir… Son maître, acculé, ne faisait plus que se défendre, acculé par l’autre face d’Erneril, son double. C’est pourquoi il tenta une feinte, si joliment nommée « Le Sorcier »… Il frappa un premier coup destiné à être bloqué (et qui le fut) et à faire reculer son antagoniste ; une fois hors de portée de la pointe de la lame d’Erneril, il passa son épée dans sa main gauche, la faisant tourner lentement, puis la passa subitement dans l’autre. De temps à autre, il donnait un coup fulgurant, sans suite logique pour l’adversaire, mais pas pour celui qui utilisait cette botte. Maintenant, c’était le jeune elfe noir qui commençait à reculer. Pour finir un coup passa la défense de l’Autre Erneril… Un coup devant porter à la cuisse. La frappe était parfaite, mais au dernier moment, le fil de la rapière fut dévié : les doigts de la main du drow avaient eu un mouvement et un bouclier s’était levé sur son bras. Alors, les regards des adversaires se croisèrent à nouveau. Celui de son maître était fermé. Erneril, quant à lui, jubilait. Il humiliait son maître en lui renvoyant ses propres règles à la figure. Il osa même souffler un assassin « Tuer ou être tuer » ! Sur le même moment parti de sa main des serpents d’ombre qui fondirent sur Akatar, le déstabilisant et le renversant. L’instant d’après, Erneril avait placé sa lame sur le cou du mentor et lui entailla légèrement. Avec son autre main, l’Autre saisit une goutte du sang de l’être tant détesté et la déposa délicatement sur sa langue.
-Ton sang a le goût de l’épuisement et de la crainte, siffla-t-il. Je me ferai un plaisir de mettre une fin à ton tourment…
-Pourquoi veux-tu donc ma mort ? suffoqua Akatar, que t’ai-je donc fait ? Et comment as-tu fait pour me vaincre ? Tu n’es pas l’Erneril que je connais ! Qui es-tu ?
-Vous aimeriez bien le savoir, hein ? susurra-t-il, passant légèrement la langue, son rictus de satisfaction encore renforcé par cette action. Eh bien, c’est votre jour de chance on dirait, car pour que ma victoire soit totale, je vais répondre à vos questions… Comme c’est ironique, l’élève qui enseigne au maître… continua-t-il dans un fou rire. Sache tout d’abord que je suis Erneril. Mais votre petit élève est un être bien plus complexe que vous ne le pensez. Disons que j’ai… plusieurs faces, renchérit-il entre deux éclats. Et pour vous vaincre, je n’ai eu qu’à appliquer ce que vous m’avez appris : « Ne pas suivre les règles »… D’ailleurs, tu as toi-même dis que tu n’étais pas un guerrier, que tu étais un mage avant tout, continua le schizophrène, passant subitement au tutoiement, symbole que sa victoire était totale. Et pour finir, te finir, je veux ta peau parce que tu me hais, et que te voue un sentiment dans le même sens, mais d’un grade supérieur. Maintenant, meurs, finit-il, ses pupilles se rétrécissant jusqu’à n’être plus que des points noirs au centre de ses grands yeux gris, enrobé d’un blanc sillonné de fines lignes rouges.
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MessageSujet: Re: [BG] Erneril   Mar 6 Mai - 19:52

A ce moment, Erneril hurla, relâcha sa prise sur son épée et tomba à genoux. Le drow se tenait la tête dans ses mains. Subitement, après une éternité qui en réalité n’était qu’un fugace instant, le gémissement se tut… Il se releva et fut étonné de voir une épée sous sa gorge. Ses yeux étaient redevenus totalement banals, d’un blanc normal, de leur gris étrange et avec un pupille de taille normale, aussi noire que toutes les autres.
-Du calme, du calme, s’exclama-t-il, qu’est-ce que j’ai fait encore ?
Il n’avait pas remarqué son changement de caractère, de personnalité… Akatar était perplexe. Il ne savait que penser. Son élève, l’instant d’avant était sur le point de l’achever. Pourquoi ne l’avait-il pas fait, et pourquoi s’était-il roulé par terre ? Et maintenant, il semblait même innocent, se demandant ce qu’on lui voulait avec une arme… Une minute, puis deux passèrent ainsi, les deux drows se regardant en chien de faïence. Enfin, une idée germa dans l’esprit de maître : et si Erneril était un de ces célèbres êtres aux multiples personnalités. C’était possible, car le jeune sorcier avait de nombreuses cicatrices qui lui couturaient le corps, et quand il lui avait demandé comment il les avait eues, l’apprenti n’avait su répondre. Mais la question qui subsistait était le « comment avait-il fait pour le battre ». Peut-être qu’une de ses facettes avait l’adrénaline qui montait vite, et il fallait dire qu’Akatar ne l’avait pas ménagé. Il ne savait que faire : le laisser vivre ou le tuer… Erneril avait essayé d’attenter à sa vie, mais quelque chose, ou plutôt une partie de lui-même l’avait empêché de le faire. Le précepteur, pour la première fois depuis belle lurette, se posa une question philosophique, ou peut-être théologique, il ne savait pas trop. « Les Dieux font-ils une différence entre les actes et les intentions » ? Le soleil se trouvait juste derrière la tête du jeune drow, l’éclairant d’un manteau de lumière, éblouissant, magnifique. Ses yeux croisèrent celles d’Erneril. En les traversant avec son regard acéré d’oiseaux de proies, il ne vit rien qui trahissait l’acte qui avait faillit être commis. C’était des yeux certes foncé, mais à l’iris pur, qui ne laissait transparaitre la moindre folie. Il avait fait son choix. Peut-être signait-il sa perte, peut-être sauvait-il une âme en prise avec le tourment… Il ne savait dire. Il abaissa son épée et soupira.
-Rien, dit-il, je voulais juste tester tes réflexes. Ils ne sont vraiment pas au point. Bon, tu viens, on rentre ? Et pour demain, j’ai peut-être une surprise pour toi…
*

Erneril, comme à son habitude, se réveilla à l’aube et alla chercher son épée pour l’aiguiser. A son grand étonnement, son maître dormait encore. Le vieux était peut-être éreinté des exercices d’hier. Il allait lui faire une… une surprise ! Une surprise qu’il rêvait de lui faire depuis longtemps. Tirant sa dague de sous son lit, il avança vers le lit de son maître. Il tenait sa dague d’une main ferme. La pointe était pile au milieu du coup, comme il l’appelait, l’endroit qui entrainait la mort quasi instantanée. Sa respiration s’accélérait, il était excité comme jamais. Il tira sur l’oreille du mentor pour le réveiller. Son triomphe devait être total, et pour qu’il le soit, le pauvre Akatar devait le voir le vaincre. Un fin rai de lumière traversait l’interstice des rideaux et éclairait le front du futur perdant. Akatar ouvrit subitement les yeux, dans lesquels se lurent la peur quand ils aperçurent la lame…
-Alors, je me suis donc trompé, souffla-t-il, l’air vraiment désolé.
-Tu as vu, lança Erneril, volubile, je t’ai eu. Tu as relâché ta garde. La mort aurait été impitoyable si j’avais été un ennemi. Mais tu as de la chance, je suis un ami.
Il se lança alors dans un grand rire, un rire profond, sincère. Il était tellement communicatif qu’Akatar ne put faire autrement de suivre le mouvement et se lança dans son rire gras. Près de cinq minutes après, ils se remirent enfin de ce fou rire.
-bon, et bien, je t’avais promis une surprise hier, commença-t-il, Erneril toujours à califourchon sur lui. Aujourd’hui, je pense que tu as atteint le niveau pour apprendre une magie d’un grade supérieur. Je pense que tu ne vas pas regretter de m’avoir choisi comme maître, ni d’avoir choisi cette branche de la magie. Tu vas apprendre la puissance des vents et des éléments et …
Erneril écoutait très attentivement, aucune miette du spectacle auquel son maître s’adonnait. Ses mains virevoltaient en l’air, faisant parfois apparaître un objet ou une boule quelconque. Le jeune drow souriait, il était heureux, on lui apprenait enfin ce pourquoi il était venu. Ce n’était pas trop tôt !
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MessageSujet: Re: [BG] Erneril   Jeu 22 Mai - 20:47

Erneril était devant le pas de la porte. Il pleuvait de fine goutte de pluies, qui ne faisaient aucun bruit, dont on ne sentait pas le poids lorsqu’elles atteignaient votre corps. Il attendait son maître sous la pluie. Akatar était allé chercher quelque chose à l’intérieur de sa maison. Elle n’était pas bien grande, cette chaumière : trois pièces. Il y avait donc un salon, où trônaient deux énormes bibliothèques remplies de livre ; un fauteuil était placé au fond de la pièce, dos à la cheminée. La pièce adjacente n’était autre que sa chambre, et la dernière était un cellier. Le toit était de chaume et les murs tout de même en pierres. Quand le vent soufflait, ceux-ci grinçaient de manière inquiétante… Erneril avait posé une fois une question sur les vents puissant qui arrivaient ici, avec tant de puissance que même certain port n’en connaissaient pas d’aussi fort habituellement… Le sage avait répondu que chaque élève qui était venu ici, et il avait en eu plus qu’on pouvait le penser (il ne faisait pas son âge, apparemment), laissait sa marque… Et comme tous étaient venus apprendre à maitriser la force du vent, il laissaient dans l’eau, la terre, l’air et chaque élément de cet endroit perdu des particules magiques. Chacune d’entre elles attiraient un souffle de vent, chaque fois plus fort. Erneril avait alors posé la question que tous posaient : « Mais qu’est donc cette matière ? ». Son mentor avait sourit gentiment, disant que c’était un des plus grands mystères de ce monde. Des gens pensaient que c’étaient des petits bouts d’un autre monde qui se détachaient et qui venaient dans le nôtre lors de l’utilisation de la magie. D’autres pensaient que c’était le châtiment de l’Art, car la magie était une arme trop puissante pour n’être sans aucune conséquence sur notre monde. Mais tous pensaient que ces particules étaient nuisibles…

-Et le sont-elles, en réalité, avait répliqué le jeune drow ?

-Nul ne le sait, car nul ne connait l’origine de ces matières, ni à quoi elles servent… répondit Akatar. Nous savons juste qu’elles sont là, et que nous ne pouvons rien faire contre. Mais de là à dire qu’elles sont maléfiques, maudites, ou quoi que ce soit d’autre, il y a un pas ! Et certains sont assez fous pour leur donner une âme et une conscience ! Mais, ce qui est sûr, c’est qu’elles attirent le vent sur ma demeure et ses environs car elles se forment à proximité des lieux connaissant des profondes manipulations magiques… Mais cesse de me poser des questions, car nous allons en venir sur la théologie, et tu sais à quel point les prêtres me répugnent, qu’ils soient au service de Shilen ou d’Einhasad !

Après cela, ils étaient revenus sur des sujets plus classiques, tels que l’annulation de la résistance possible d’un adversaire au vent.

Il grelotta, le froid commençait à lui mordre le torse et le visage. Les gouttes tombant rebondissaient sur ses joues, formaient de l’écume. Il était trempé, et son maître devait bien le savoir… Alors, pourquoi le faire patienter le jour de son départ ? Surtout qu’il avait du chemin à faire pour arriver à sa première étape avant la nuit. Il comptait rejoindre prochainement le Grand Temple d’Aden pour y recevoir la sagesse des prêtres… s’ils ne l’abattaient pas à vue en voyant qu’il était un elfe noir ! Le jeune homme comptait recevoir une éducation complète, lui permettant de voir toutes les facettes du monde. Un fin rai de lumière l’éclaira. L’ancien sorcier avait entrouvert la porte, timidement, comme s’il hésitait. Mais bientôt, il raffermit sa prise sur la poignée et l’ouvrit complètement. Il semblait effrayé et avoir pris cent ans d’un coup. Ses yeux noirs comme de sombres puits, d’habitude si franc, si direct, fuyaient son regard. Il était complètement recroquevillé, avait perdu une dizaine de centimètres. Il tenait serré contre lui quelque chose, un petit livre, aurait-on dit. Le mentor voulut prendre la parole, ouvrit la bouche, mais, au dernier, alors que le son allait sortir, il la referma. Erneril était intrigué et même un peu inquiet.

-Qu’y a-t-il, maître ? demanda-t-il.

-Je…je n’ai ri…ri…rien, bégaya-t-il, essayant tant bien que mal d’être convaincant. Mais il était clair qu’une force supérieure l’empêchait de s’exprimer correctement, qu’il était effrayé par quelque chose, quelqu’un, ou pire encore… Mais… j’ai cela… à te… donner, continua-t-il, articulant un maximum les mots.

Il tendit alors le petit livre, qui devait avoir environ deux cents pages. Il était joli, la reliure en cuir noir. Sur la couverture, il était gravé en grand « Reskelma », dans une écriture manuscrite superbe, les trous remplis de peinture d’or. C’était un langage qui lui était totalement inconnu… Il feuilleta un peu et vit que la même écriture cursive le remplissait, toujours écrit dans cette même langue étrangère laissant parfois place à des dessins d’illustration. Un en particulier capta son regard parce qu’il prenait l’entièreté d’une page. C’était un pentacle dont les pointes étaient fourchues, peint d’un noir qui absorbait la lumière blafarde du jour. Erneril releva la tête.

-Merci beaucoup pour ce cadeau, s’inclina-t-il, mais en quel dialecte est donc écrit ce manuscrit. Je peux reconnaître à vue d’œil la plupart des langues de ce monde, mais celle-là m’échappe. Et de quoi parle donc ce livre ?

-C’est… c’est, commença-t-il, s’étouffant presque avec sa langue. Maintenant, ce n’était plus de l’angoisse qui se lisait sur son visage, mais une frayeur vivante, ses yeux ne reflétaient plus la réalité, un voile sombre était passé dessus. Non, ne me tue pas, nooooon ! hurla-t-il, perdant son bégayement de l’instant d’avant. Tu n’es pas Erneril, mais tu n’es pas aussi un autre. Prends garde ! L’Autre veut te manger ! Tu n’es pas seul, vous êtes deux, l’un est le pur bien, et l’Autre est le mal absolu. Prends garde, tu n’es pas seul ! Aaarrrgghh, gémit-il. Il eut un spasme puissant, et su se retenir sur le jeune drow. Se rendant compte de sur qui il se retenait, il le lâcha, subitement, avec une expression de dégoût naissant sur son visage. Tu es deux, Erneril, tu es deux ! L’Autre peut prendre possession de toi sans que tu le saches. Il est le ssserpent, siffla son mentor, qui semblait avoir perdu la raison.

Il tomba lourdement au sol, ses vêtements se trempèrent en un instant par la fine pluie. Il se tenait la tête dans les mains et pleurait doucement. Erneril ne savait que faire : il voulait aider Akatar, mais celui-ci le repousserait certainement, aggravant certainement son état mental. L’’aapprenti lanceur de sorts était là, indécis, les cheveux battant au vent, lui cachant la vue un instant sur deux quand son maître reprit la parole, calmement, cette fois, d’une voix claire, puissante. Cela rassura le jeune magicien. Le mentor releva la tête.

-Erneril, commença-t-il, tu dois m’écouter et croire ce que je vais affirmer, car c’est la seule chance que tu auras pour trouver le salut. Autrement, ton cadavre pourrira très bientôt, soit en image, soit en réalité. Tu n’es pas seul ! « Encore cette phrase énigmatique » se dit Erneril. Un Autre partage avec toi ton corps. Vous êtes deux à partager la même enveloppe. Est-ce là le châtiment divin, une conséquence de la nature, je ne sais ! Mais ce livre t’expliquera tout ce dont tu as besoin pour chasser le mal qui est en toi ! Je ne peux te dire en quel dialecte il est écrit, mais une seule personne à ma connaissance la comprend. Mais seul toi peut lire ce livre, car tu es la seule personne que je connais qui possède des parties si différentes, et le mal ne doit pas vaincre, jamais, murmura-t-il doucement, accentuant légèrement le dernier mot, de manière assez optimiste, comme décrit dans les contes qu’Erneril aimait tant. Le héros était désespéré, mais quelqu’un de son entourage lui rappelait le but de sa quête, le pourquoi de sa mission… Une fois tout dit, une nouvelle force, un nouvel espoir naissait en lui et la victoire ne lui semble plus impossible… Mais ce n’étaient que des contes, malheureusement…

-Mais, maître, que voulez-vous dire exactement ? le questionna Erneril. Je… je ne suis pas fou, à ce que je sache !

-Justement, tu ne le sais pas, c’est ce qui rend si dangereux l’Autre, répondit vivement Akatar. « Encore, cette histoire d’ « Autre » », maugréa Erneril intérieurement. Tu possèdes deux personnalité, la plupart du temps, tu es toi, mais de temps à autre, quand tu es excédé par le monde qui t’entoure, tu semble te déconnecter, perdre toute rationalité et laisser l’Autre, appelons-le ainsi ! prendre ta place. Je peux maintenant te le dire, le jour où je t’ai fait cette balafre à vie (il indiqua l’entaille sur son visage), tu t’es énervé et ton double est venu. Tu… tu m’as poursuivi et attaqué. Tu as pris le dessus, tu t’es moqué de moi et tu as failli me tuer, ta lame a fait couler mon sang ! Mais, quelques sombres raisons t’ont retenu et tu es remonté à la surface. Vois-tu maintenant ce que je veux dire ? Tu dois vaincre ce mal qui te ronge, sinon, qui sait quelles horreurs tu pourrais commettre ?

-Je pense que je vois, mais…, il allait formuler la suite de sa question quand son maître l’interrompit.

-Ne me pose plus de question, je t’ai tout dit. Je sais que tu pars voir les prêtres d’Aden pour qu’ils t’apprennent leur sagesse. C’est dans le Grand Temple que se trouve celui qui sait traduire ce texte. Mais tu ne dois pas le lui laisser toucher, sinon, il viendrait me tuer, je suis un de ses anciens rivaux… Ce livre portera ma marque à tout jamais, et il saura où je suis dès qu’il le touchera. Demande l’Oracle de la sagesse, c’est le surnom qu’on lui a affublé. C’est un elfe qui te maltraitera certainement, mais il est le mieux placé pour apprendre la sagesse des Dieux à un drow, et surtout, à t’apprendre à lire ce livre. Sois courageux et tu arriveras au bout de ton chemin. Va, maintenant ! Et si je te revois, je te tuerai !

-Au revoir, maître, dit le jeune drow.

Mais Akatar, durant son exposé, s’était relevé et avait franchi sa porte. Il n’avait plus eu qu’à la fermer. Ainsi, son ex-mentor ne lui avait même pas laissé faire ses adieux… Erneril se mit en route, triste de ce qui venait de se passer. Son esprit était en surchauffe ! Que faire ? Devait-il croire Akatar et suivre ses consignes ? Celui-ci avait l’air d’avoir complètement perdu la tête. Il leva les épaules. De toute façon, il devait aller à Aden. Là, il improviserait comme lui dictait sa conscience et son instinct. La pluie avait redoublé d’intensité. Il avait rabaissé la capuche de son manteau de fourrure qui gardait si bien la chaleur. Des trombes d’eau s’écrasaient sur lui, giclant un peu partout suite à l’onde de choc. Le chemin qui traversait le bois était très sinueux, et ne méritait pas vraiment le nom de « chemin ». C’aurait plutôt été une piste de sanglier s’il y en avait eu dans la région.

Il avançait lentement, il avait perdu l’envie de traverser quoi que se soit vite, pour un temps, tout du moins. Pourquoi ne serait-ce pas possible qu’il ait deux faces, comme une pièce, un côté dans l’ombre, l’autre baignée d’une douce lumière de bien-être. Il était la lumière, et il était engagé dans un combat mortel contre son adversaire, si joliment nommé l’Autre par son ex-maître. Maintenant, ce n’était plus des suppositions qui irriguaient son esprit, mais des certitudes. Il se souvenait des longues plages d’absence qu’il avait eu de temps à autre dans son passé. Et à chaque fois, quelque chose d’horrible l’attendait à son réveil : un cadavre, un meurtre dans le voisinage,… C’était décidé, il irait à Aden et trouverait cet « Oracle de la sagesse », apprendrait à lire le livre qui lui permettrait la victoire ! Et quoi qu’on puisse lui faire, il le supporterait. Erneril n’était plus à ça près ! Il avait vécu l’assassinat de ses parents, le meurtre de son régiment, le départ d’Alnadril, la dureté de la privation, la douleur des blessures… Il réussirait ! A nouveau gonflé d’énergie, il se remit en route, avançant d’un pas alerte. Il ne remarqua les deux ombres qui le suivaient…

De toute manière, même en les regardant en face, il ne les aurait pas vues. Ces ombres étaient un amas de matière, des êtres de magie pure. Nul ne les connaissait, mais certains en avaient un qui le suivait. La première, plus grande et musclée que la seconde, prit la parole.

-Dis-moi, penses-tu qu’il réussira à vaincre mon avatar en son corps, demanda-t-il ? (La voix était sans le moindre doute masculine).

-Je ne sais pas, ce gamin est capable du meilleur comme du pire, répliqua le seconde forme, d’une voix douce comme du miel et beaucoup plus aigu que la première, qui était caverneuse. La deuxième ombre, plus maigre, était donc une femelle de sa race ! Elle se détacha des arbres et arriva sur le chemin. Alors apparut une forme incontestablement féminine. Ses cheveux, longs, flottaient, le vent passant dedans. La poitrine formait un petit relief sur cet être noir. Mais j’espère qu’il te vaincra, continua-t-elle, ainsi, je pourrai lui parler, lui susurrer des conseils dans ses oreilles et le connaître… Toi, tu m’en empêches et le force à commettre des atrocités. Je te hais !

L’homme ricana. Ils se remirent en marche pour ne pas être distancé par le jeune drow. Ces deux ombres étaient les projections magiques de ses deux personnalités… La pluie tombait, le soleil descendait, bientôt la lune grimperait et l’avènement de son règne d’une nuit arriverait. La pluie tombait toujours et Erneril était seul sur le chemin qui l’amènerait plus loin dans sa quête.

« Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort ! », ce fut ce qu’il se dit, le regard sombre, hanté de mille pensées.
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