Phénix

Vous êtes sur le forum du serveur Phénix dédié à Lineage 2. Bienvenue à vous Invité, le staff espère que vous passerez de longues heures à vous amuser avec nous.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherArmurerieStaffMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [BG] Fuega

Aller en bas 
AuteurMessage
Stefyron

avatar

Nombre de messages : 210
Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: [BG] Fuega   Lun 30 Juil - 11:12

Nedra, une fille de race mélangée dont la mère elfe fut reniée des siens lorsqu’elle se maria à un humain, avait à son tour trouvé le bonheur auprès d’un homme. Ils s’étaient épousés il y a un an, et Nedra était enfin enceinte. Nedra ressemblait beaucoup aux humaines ordinaires, mis à part quelques traits trahissant l’origine de sa mère… mais ce n’était qu’une apparence. Nedra avait l’esprit, l’intelligence et des aptitudes qui ressemblaient nettement plus à ceux des elfes qu’à ceux des humains, ainsi qu’une espérance de vie supérieure... Un jour, alors que sa grossesse se faisait déjà un peu ressentir, elle se promenait avec son tendre et cher dans des plaines à l’orée de la forêt non loin de leur maison. C’est alors qu’une vague brûlante et dévastatrice souffla la terre et consuma le bois dans lequel ils étaient entrés. Les arbres tombaient autour de leurs corps étalés au sol.
« Nedra ! Nedra ! » Mangor ne distinguait pas le corps de sa femme, expulsé un peu plus loin sous le choc du cataclysme. La fumée âcre montait des arbres morts et il se releva avec peine, l’énergie du désespoir le poussant à la trouver. « Nedra ! Où es-tu ?! » Il la vit enfin et marcha tant bien que mal en sa direction, ses mains devant son visage pour se protéger, alors qu’elle ouvrait les yeux. Une vive douleur se fit ressentir dans son bras mais lorsqu’elle vit Mangor approcher, elle effaça sa grimace de douleur de son visage, pour ne pas l’angoisser. Il l’aida à se relever, ignorant ses propres et nombreuses blessures, aussi profondes soient-elles. Ils avancèrent dans la fournaise, chaque respiration était plus douloureuse que la précédente car l’air leur brûlait les poumons.

Ils finirent par atteindre les plaines et s’effondrèrent quelques mètres plus loin, le feu ne pouvait plus les atteindre. Nedra et Mangor étaient épuisés, gravement blessés par le cataclysme lui-même et par la traversée de ce qui leur avait semblé être l’Enfer. Nedra regarda son amour, croyant entendre des soupirs agonisants. Elle vit que ses yeux étaient mi-clos et que du sang sortait de sa bouche. Il tenta de lui sourire mais ne réussit qu’à déclencher une quinte de toux, provoquant ainsi un saignement plus important. Oubliant instantanément ses douleurs, elle se releva et s’assit près de lui. Il était entrain de la quitter, elle le savait, et elle ne pouvait rien y faire. Les yeux remplis de larmes, elle lui caressa le visage en murmurant

« Ne m’abandonne pas, mon amour… S’il te plaît, ne me laisse pas... » « Je serai… toujours là… pour toi, Nedra… Je t’ai…me… » Il ferma les yeux, lâchant son dernier soupir, et son âme s’éleva dans les airs. Nedra hurla, désespérée, et tomba inconsciente sur la dépouille de son mari.

Lorsqu’elle se réveilla, elle était dans un endroit tout autre, ses blessures étaient pansées et soignées. Une elfe s’approcha d’elle, à son grand étonnement.
« Reposez-vous encore, ma sœur… » Peut-être l’elfe parla-t-elle encore, mais Nedra s’était rendormie, sans comprendre qu’une elfe l’appelât « ma sœur ».
Elle entendit des voix, brumeuse d’abord, mais qui prirent petit à petit du sens. Elle entrouvrit les yeux et vit qu’elle n’avait pas rêvé, elle était bien dans une demeure elfique. L’elfe revint près d’elle et lui expliqua comment ils l’avaient trouvée, ramenée et soignée. Nedra ne dit rien, n’en étant de toutes façons pas encore tout a fait capable, et se contenta d’adresser à l’elfe un regard de remerciements et d’interrogation.

« Il repose en paix. Quand vous pourrez marcher, je vous emmènerai près de sa tombe… »
Nedra guérissait de jours en jours, mais elle savait que ses blessures ne disparaîtraient jamais totalement, et qu’elles réduisaient probablement sa vie à une longévité humaine. Après une semaine, Nedra put aller voir la tombe de Mangor.
Elle était tellement obnubilée par les conséquences du cataclysme sur sa personne et sur Mangor qu’elle ne se demanda pas ce que son enfant était devenu à ce choc. Elle supposait qu’il naîtrait, sans anomalies, ignorant tout de cette histoire. Elle ne chercha pas non plus à savoir pourquoi une famille d’elfe l’avait recueillie, elle, une presque humaine.

Vint le jour où Nedra ressentit qu’elle allait accoucher. Les elfes qui l’avaient recueillie l’emmenèrent dans une chambre et la préparèrent à l’évènement. Après de longues et douloureuses heures, Nedra donna naissance à une petite aux airs d’anges, et lorsque l’elfe la lui présenta, elle murmura
« Maëlyn ». A la grande surprise générale, l’accouchement n’était pas fini, et Nedra mit au monde une deuxième fillette qu’elle nomma Fuega. L’accouchement l’avait épuisée et pendant de nombreux jours elle resta dans son lit, confiant ses deux petites aux elfes.

Une elfe, sage, vint voir les petites afin de les bénir, et crut déceler en elles quelque chose d’aussi inattendu qu’improbable : Maëlyn et Fuega étaient exactement opposées, comme une âme brisée en deux. Maëlyn était la douceur même alors que Fuega pouvait être qualifiée de diabolique et ces différences étaient aussi visibles sur le physique des deux bébés…
Nedra sortit enfin de son lit alors que ses filles avaient deux mois, et elle s’en occupa du mieux qu’elle put. Quand Fuega et Maëlyn eurent un an, alors que Nedra portait Fuega dans ses bras, elle toucha quelque chose de très doux dabs son dos : des plumes. Nedra, intriguée, tenta de les retirer mais remarqua qu’elles étaient accrochées aux omoplates de sa fille. Fuega aurait-elle des ailes ?!
En grandissant, les deux filles de Nedra montrèrent à tous ce qu’avait vu l’elfe en les bénissant. Fuega était aussi téméraire et violente que sa sœur était douce et calme, mais au lieu de se haïr de par leur différence, les deux sœurs s’adoraient profondément. Maëlyn était d’autant plus fascinée par Fuega à cause des ai !les qui poussaient dans son dos.

Quand elles eurent 15ans, les blessures de Nedra eurent raison d’elle et ses filles pleurèrent longuement la perte de leur mère tant aimée. Se rapprochant de plus en plus, Fuega et Maëlyn en arrivèrent à changer d’amour l’une envers l’autre, au lieu de l’adoration profonde d’une sœur, l’amour de la personnes avec qui on veut vivre toute sa vie. Mais lorsque Maëlyn s’approcha de sa sœur, l’enlaça et posa ses lèvres sur celles de Fuega, l’âme noire de Fuega se heurta à la lumière de Maëlyn qui s’effondra, sans vie, dans les bras de sa bien-aimée. Fuega poussa un cru de profond désespoir, pleurant sur le corps de sa jumelle.

Alors qu’elle pleurait la perte de son cœur, l’âme de Maëlyn vint rejoindre la sienne afin d’être à jamais avec son amour. Fuega grandit et mûrit à une vitesse phénoménale et ses ailes poussèrent jusqu'à être assez grandes pour la porter. La lumière de Maëlyn se cacha au plus profond de l’âme enfin entière après 15années de vie dans deux corps séparés, dans un coin si profond qu’il était presque oublié de Fuega, un endroit duquel elle pourrait encore, parfois, parler à sa sœur qu’elle aimait tant.
Quand Fuega se rendit compte de tous les changements en elle, elle lâcha le corps de sa douce et se leva, admirant ce qu’elle était devenue. La voix de Maëlyn résonna dans sa tête

« Je suis là, mon cœur, et je serai toujours là pour toi, maintenant. Je t’aime tant… » Les larmes recommencèrent à affluer sur les joues de Fuega, et elle pensa que jamais, jamais elle n’aurait dû perdre sa sœur. Elle mit le corps de sa jumelle en terre et jura à son esprit de venger sa mort contre le monde. Maëlyn tenta de l’en dissuader mais n’arriva qu’à atténuer la force de la vengeance de Fuega. Tous ceux qui ne méritaient pas de vivre selon Fuega, tous ceux qui ne lui feraient pas une bonne impression, elle jura d’en nettoyer le monde si cruel qui lui avait volé son amour.
Fuega n’était ni une elfe ; ni une humaine, un mélange subtil de ces deux races et d’une anomalie due au cataclysme, qui lui avait, entre autres, offert des ailes. Elle avait hérité de la longue vie des elfes, peut-être d’une vie plus longue, de l’ambition et la cruauté des humains, elle était une nouvelle race et serait probablement la seule, sur cette terre, dans son genre. Enfin, qui sait…
La fusion des deux demi âmes avait fait atteindre à Fuega l’âge de ne plus avoir besoin de personne. Elle commença à s’entraîner au maniement des dagues et à la maîtrise de ses ailes qui parfois la gênaient dans ses mouvements. La brûlure vivre de son cœur due à la perte de Nedra et surtout à la perte de Maëlyn était toujours en elle et la motivait, la poussait à vite pouvoir laver le monde par vengeance. Si elle avait souffert, les autres ne pouvaient être totalement heureux, ils n’en avaient pas le droit…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stefyron

avatar

Nombre de messages : 210
Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: Re: [BG] Fuega   Jeu 15 Nov - 18:19

Elle se tenait au bord de l’eau, assise, les yeux dans le vague. Elle tournait et retournait maintes pensées dans sa tête, cherchant des réponses. Le monde qu’elle imaginait, celui qu’elle devrait laver de nombre de gens, était en fait si différent en réalité. Certaines personnes aimaient même Fuega, elle se sentait presque coupable de vouloir tuer les gens.
Elle caressa le bas de son dos, à la cambrure, là ou se trouvait le tatouage que Kasey lui avait légué. Elle fronça les sourcils un instant puis ferma les yeux, se concentrant pour rendre ses ailes noires. Elle passa ses doigts entre ses plumes, fière de ce qu’elle était. Sa dague était plantée devant elle, enfoncée dans la terre humide. Elle la regarda, se demandant si jamais elle servirait à ce à quoi elle aspirait. Mais oui, sûrement. C’est juste que, pour l’instant, je dois m’habituer avant d’être bon juge pour le monde…
« Tu n’est pas obligée de faire ça, Fuega… Je ne t’en voudrai jamais si tu ne venges pas ma mort, la venger à qui d’ailleurs, ces gens-là n’y sont pour rien. » Fuega fronça les sourcils. Maëlyn, je dois le faire. Je le dois, tu comprends, n’essaye pas de changer cela.

Coupant la discussion, Fuega se releva, arrachant sa dague au sol, prenant son sac dans une main. Elle marcha lentement vers le village, vers la guilde, préparant la demande qu’elle allait faire à son maître d’armes.
Elle laissa ses ailes redevenir blanches avant d’entrer dans la bâtisse seule éclairée en pleine nuit. Se dirigeant vers son professeur, elle s’inclina légèrement. Chacun de ces gestes de politesse, surtout s’ils montraient qu’elle en considérait les destinataires comme supérieurs à elle, lui coûtaient cher. Il la salua et elle lui demanda, pesant ses mots, si il pouvait lui apprendre à manier la dague encore mieux. L’homme réfléchit, certes il appréciait Fuega, elle était talentueuse, mais il y avait tant de choses qu’elle occultait, tellement de faits de sa vie dont elle ne parlait jamais. Sentant qu’il essayait de la deviner, Maëlyn se fit plus importante dans le corps de sa sœur, berçant leur âme de sa lumière si vive.
Après un temps, il finit par accepter. Avant de commencer tout entraînement, elle lui demanda d’attendre l’aube, commencer un tel travail durant la nuit n’avait aucun sens. Elle se retira, arpentant les rues pendant la nuit, sans que le sommeil ne la gagne jamais. Quand elle vit le ciel s’éclaircir, elle retourna lentement vers la guilde.
La soumettant à diverses épreuves de souplesse, de technique et d’autres disciplines importantes, son professeur était à la fois heureux et légèrement mal à l’aise de la voir franchir chaque étape avec succès.
Quelques jours passèrent, ils se retrouvaient tous les matins quand le soleil pointait à l’horizon, et se quittaient bien après qu’il se soit couché, quelques épreuves nécessitant l’obscurité, voire le noir complet, et aussi pour lui apprendre à être douée en toutes circonstances. Une fois qu’il lui eu tout appris, il lui donna un parchemin de recommandation à donner au grand maître pour légaliser son changement de statut. Elle le remercia grandement et s’en alla remettre le papier à l’humain le plus important de la guilde. Une fois que tous les registres furent modifiés, Fuega prit congé et retourna errer dans les rues puis hors de la ville, pressée de mettre à profit tous ces nouveaux mouvements. Un sourire sadique se dessina sur ses lèvres alors que la lune se reflétait dans ses yeux et que sa louve, qui avait hérité du nom de Nedra, la rejoignait en courant. Oui, la vie sera belle…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stefyron

avatar

Nombre de messages : 210
Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: Re: [BG] Fuega   Lun 21 Jan - 19:24

Fuega prit le livre noir, vierge, qu’elle venait d’acheter, et une plume qu’elle arracha de son aile. Elle s’assit, le dos posé contre un arbre mort, une jambe étendue devant elle, l’autre repliée, sur laquelle elle posa le livre pour écrire.

« Aujourd’hui je sens combien ma puissance est faible, et la colère qui brûle depuis si longtemps en moi a été réveillée par cette sorcière qui a voulu me prendre mon fiancé, ainsi que d’autres pulsions. Il est temps pour moi de trouver d’où vient cette aile, de comprendre enfin. Il y a une île là-bas, loin de nos civilisations, éternellement dans le noir et la tempête. Elle m’attire. Je ne sais ce que j’y trouverai, mais c’est là que je vais. »

Elle fourra le cahier dans son sac et commença à courir, le plus rapidement possible, vers l’île en question. Sa louve lui suivait, hurlant comme pour l’encourager.
Elle ne trouvait aucun bateau qui semble aller vers cette île. Elle soupira, regardant les terres qu’elle devinait au loin. Son regard tomba sur une barque, tanguant avec la houle, heurtant sans cesse le bateau à côté d’elle. Fuega regarda autour d’elle et sauta, en même temps que Nedra, dans la chaloupe. Elle se mit à ramer, le plus vite possible, mettant de plus en plus de distance entre elle et le port avant qu’on ne la remarque.

Elle se mit à marcher au hasard, puis que sa carte ne comprenait pas cette île. Elle cherchait un village, et elle finit par le trouver, au cœur de la tempête. Elle hésita avant de franchir les premières marches des escaliers qui menaient là haut, mais elle ne pouvait se résoudre à abandonner, pas maintenant.


« L’homme qui m’a accueillie, si l’on peut dire, à l’entrée du village était surpris. Surpris de ne pas me connaître mais il n’insista pas, puisque, moi comme lui, nous avions une aile. En la voyant je fus si heureuse, enfin quelqu’un qui me ressemblait un peu. J’appelai Nedra pour qu’elle me suive et l’homme haussa un sourcil, il me dit que ma louve portait le nom d’une repentie. Je ne comprenais pas ce qu’il disait, alors il m’emmena dans la bibliothèque de son peuple, me mit un livre dans les mains et me dit qu’il repasserait plus tard, quand j’en saurais plus.
Je ne connais pas la nature des larmes amères qui roulaient sur mes joues, qui s’étendaient peu à peu autour de moi alors que j’étais assise, de sorte qu’on pouvait croire que mes jambes s’étaient dérobées sous moi. Je ne me souviens pas avoir jamais autant pleuré, même pour ma sœur. Ma vue était embrumée mais je continuais de lire, nul sanglot ne venait secouer ma poitrine, ce n’étaient sûrement que toutes les larmes que j’aie jamais retenues.
J’en apprenais tellement à travers ce livre. Alors c’était ça. Je n’ose imaginer la douleur de ma mère en ce jour qu’elle vécu il y a tant de temps. Alors Maëlyn était anormale, pas moi. Je n’ai qu’hérité de ce que ma mère renia, abandonnant toute chance d’avoir un jour deux ailes, sacrifiant celle qu’elle avait. Elle s’est jouée de nous. Je ne sais d’où je tiens ces racines elfiques, mais qu’importe. Le livre décrit comment l’aile de ma mère commença à brûler pour s’arracher ensuite, moi qui pensais que cette cicatrice était l’une de celles qu’elle retira de ce qui tua mon père. C’est donc ça, la haine de Saya envers ceux qui le trahirent. Quelles souffrances le dieu exige pour le pardon.
Je sentais Maëlyn souffrir en moi, en silence, elle se taisait et mon cœur en saignait. Je ne contrôlais plus la marque de Kasey, mon aile se teintait sans cesse de noir pour redevenir blanche aussitôt. L’histoire du livre s’imprimait en moi, avec la malédiction des Kamaels qui y était expliquée. Ma soif de vengeance pour Maëlyn grandissait peu à peu alors que j’étais baignée de mes larmes.
Celui qui m’avait amenée revint, me trouvant dans la flaque horripilante de tristesse que je n’avais pas sentie. Il s’assit près de moi, il commença à me parler. Il me dit que je devrai bientôt choisir entre le côté de Nedra, que je lui avouai être ma mère, et le sien. Le chemin de Mère marche aux côtés du bien, de l’absence d’aile, de repentir éternel pour Saya. Pourquoi choisirais-je cette voie qui ne me correspond pas ? Il vit cet étrange sourire se dessiner sur mon visage, il me demanda pourquoi. Je lui annonçai mon choix, le nombre de mes motivations pour suivre les Kamaels.
Il se releva, me tendit la main pour m’aider à faire de même. Il m’amena chez lui, à cet instant j’y suis toujours alors qu’il parle à son grand maître, je ne sais exactement de quoi. »

Le Kamael revint pour lui parler un peu, à nouveau, puis lui dire que les grands maîtres de son peuple ne voulaient pas qu’elle reste trop longtemps dans leur village entre les deux races, ni repentie ni confirmée dans son choix d’être comme eux, lui dire que, si elle n’y trouvait rien à redire, ils lui demandaient de faire son choix aujourd’hui, au plus tard le lendemain, et qu’elle changerait de statut à leurs yeux, dès qu’elle aura prononcé son désir. Elle lui répéta qu’elle voulait les suivre eux. Il lui sourit. « Je savais que tu dirais ça...»
Il lui tendit une fiole sombre, trouble. En l’ouvrant, elle ne regarda pas la couleur, ne sentit pas son odeur et l’avala d’un trait, sans réfléchir. Il sourit. Elle sentit sa tête tourner et s’évanouit. Il la rattrapa avant qu’elle ne tombe et l’allongea sur un lit, attendant que cet effet-là passe.

Sa tête était si lourde à son réveil. Elle sentait qu’il faisait nuit, elle avait froid. Il la regardait avec un sourire moqueur. Il lui parla sans cesse pendant les heures qui suivirent, attendant son changement de statut. Son sourire était à la fois méchant et doux et il restait gravé dans l’esprit de Fuega dont les sens étaient brouillés par la potion.
Il la prit au bout d’un temps dans ses bras, l’emmenant au dehors, vers une sorte de temple. Sur le trajet, il lui murmura qu’il la voulait, mais elle ne répondit pas.
Il la posa sur un autel, elle prit sa main, elle ne voulait pas la lâcher. Le liquide qui coulait dans ses veines enfouissait tout souvenir postérieur à la mort de Maëlyn, peu à peu, sauf ceux concernant les Kamaels. Il riait doucement alors que le Maître s’approchait. Il ne lui posa qu’une seule question.
« Veux-tu ou non nous rejoindre, faisant porter sur toi la malédiction de Saya, n’ayant plus de chances de repentir? » [Elle murmura un « oui » presque inaudible et il scanda des paroles incompréhensibles à ses oreilles fatiguées à l’adresse des autres Kamaels, signifiant qu’elle était des leurs…

« Je me souviens à peine de ce que j’étais avant, mon « ami » dit que ça me reviendra, avec le temps. Il ne veut pas que je parte, pas encore, car ils doivent m’apprendre le début des connaissances élémentaires de leur combat.
Il veut que je reste avec lui, mais quelque chose au fond de moi m’en empêche. J’ai l’impression que quelque chose manque dans ma tenue, contre moi, mais je ne sais pas quoi. J’ai fouillé dans mon sac, je n’ai rien trouvé qui puisse apaiser ce manque. En partant je lui demanderai s’il ne m’a rien pris… »

« J’ai fini, ils m’ont tout appris, je suis prête à regagner le continent, Nedra aussi. Lui n’a pas l’air enchanté de me voir m’en aller, à sa façon bien sûr, il n’est pas démonstratif à la façon des elfes qui s’étalent en amour comme s’ils fondaient, de façon répugnante. Je lui demande, comme je m’étais dit, s’il ne m’a rien pris. Il me sourit et me rend un collier avec un ange aux ailes noires dessus. Je me rappelle vaguement une naine qui me l’offre. Je le remercie, je le mets. Je lui laisse un objet à moi pour qu’il se souvienne. Il pose ses lèvres sur les miennes, un instant, c’est la première fois, et je ne le laisse pas aller plus loin. Il me murmure quelques mots, propres à notre peuple. Non pas que la langue soit différente, seulement que nous ne les interprétons pas de la même manière. Il serre ma main une seconde puis me dit de filer. Ce que je fais, sans me retourner… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Stefyron

avatar

Nombre de messages : 210
Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: Re: [BG] Fuega   Mer 23 Avr - 21:15

Elle prit son carnet, rêveuse.
« J’ai vu Kasey. Je lui ai tout avoué, tant de choses qu’il a haïes. J’ai cru le perdre, j’ai cru mourir. Mais il m’aime, il m’a pardonnée. Nous avons marché, cherché un autel, un prête, peu importe quoi. Nous sommes arrivés dans un temple nécromant. Un étrange homme portant un masque nous a parlé, puis nous a maudits devant ses dieux. J’étais plus qu’heureuse, car il nous a mariés. J’ai aussi appris à mon mari que j’étais enceinte. Si c’est une fille, elle s’appellera Phaera.
Maëlyn est silencieuse ses temps-ci. J’en viens parfois à me demander si elle est toujours là…
Peu après mon mariage j’ai vu Loktar. Je le lui ai annoncé. Il portait un masque alors je ne peux que deviner ses sentiments à cet instant. Mais j’ai mon idée là-dessus… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [BG] Fuega   

Revenir en haut Aller en bas
 
[BG] Fuega
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Phénix :: La Vie de Phénix :: Bibliothèque-
Sauter vers: